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ESCRIME ARTISTIQUE À L’ECOLE PRIMAIRE – Une approche pédagogique centrée sur l’élève

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  • Dernière modification de la publication :30 janvier 2026

Une démarche novatrice pour enseigner l’escrime artistique par LAURENT PICCIOLI

Dans cet article, je présente une approche pédagogique de l’escrime artistique à l’école primaire, développée par Laurent Piccioli, professeur des écoles, maître d’armes et formateur en EPS. Pour appliquer concrêtement cette approche pédagogique, découvrez le cycle complet de 12 séances dans l’article suivant.

C’est lors d’un stage pour les enseignants d’EPS et les professeurs des écoles en décembre 2012 à Dinard que j’ai rencontré Laurent Piccioli. A la toute fin du stage alors que nous avions planifié un créneau de discussion après une demie journée de pratique d’escrime artistique, il nous a appris qu’il était professeur des écoles en activité, escrimeur, maitre d’armes et qu’il enseignait l’escrime artistique dans ses classes.

Il avait tourné des images de ses cycles et imprimé un DVD de son approche pédagogique et proposait de le montrer au groupe.

Ma surprise fut totale ! Enfin, j’avais trouvé une vraie démarche d’enseignant dans ce domaine de l’escrime que je maitrisais mal.

Le cours en image du cycle d’escrime artistique en cycle 2 et 3 à l’école de Pouilloux par Laurent Piccioli

Cette vidéo présente un cycle d’escrime artistique en école primaire (cycles 2 et 3), illustrant les situations pédagogiques, les enchaînements et les principes de sécurité mis en place en classe.

Une conception de l’enseignement de l’escrime artistique à l’école en rupture avec les approches traditionnelles.

Bien qu’ayant participé à plusieurs stages animés par des experts de l’escrime artistique je me suis souvent retrouvé perplexe en ce qui concerne les aspects pédagogiques. J’y ai principalement trouvé des directives techniques, telles que la manière de tenir l’arme, la précision des mouvements, l’apprentissage du vocabulaire technique et une sécurité poussée à l’extrême face au risque d’une pratique dépourvue de protection.

Mes conceptions de professeur d’EPS vacillaient devant ses objectifs purement techniques qui limitaient la créativité des élèves sans chercher à utiliser les valeurs éducatives spécifiques de cette activité.

À cette époque, à la FFE nous tentions de construire un enseignement de l’escrime artistique, notamment en élaborant les contenus de formation des animateurs éducateurs de cette spécialité.

Dans le milieu scolaire et pour la formation des animateurs, plusieurs questions cruciales restaient en suspens. Par exemple :

  • Devait-on s’entraîner avec une ou deux armes ?
  • Fallait-il utiliser des armes en métal, en bois ou en plastique ?
  • Pouvait-on pratiquer sans porter de masque ?

Chacun avait de bonnes raisons de camper sur ses positions.

  • Travailler sans masque permet de centrer les élèves sur la sécurité.
  • Utiliser deux armes est plus riche, notamment pour des questions de latéralité.
  • Les armes métalliques sont plus attrayantes pour les jeunes. Le bruit des lames restant fascinant aussi bien pour les élèves que pour le public…

Laurent Piccioli répondait très simplement à ces questions, appuyant ses propos sur la force de son expérience de terrain.

  • Deux armes ? c’est trop complexe pour les élèves ; une arme, c’est bien !
  • Pratiquer le combat avec un masque ou sans ? Avec un masque, évidemment ! Lorsque tu as une classe entière de jeunes enfants, c’est beaucoup plus sécuritaire. Il n’y a aucun intérêt à prendre des risques. L’erreur fait partie de l’apprentissage, mais sans masque, les conséquences ne sont pas tolérables.
  • Utiliser des armes en métal, en bois ou en plastique ? Pour moi, le kit « Première touche » est idéal et il a été homologué pour un usage scolaire (BO 2012)… Cela permet donc une pratique sans encadrement renforcé à l’école… Pourquoi s’en priver ?

Trois questions simples et trois réponses claires pour un enseignant du primaire. J’ajoute que cette approche de l’escrime artistique scolaire, qui vise d’abord les écoliers, peut également être utilisée par des enseignants non spécialistes de cette discipline. Cela représente un facteur important dans la diffusion d’une pratique.

Résumé du cycle

L’article qui va suivre propose un programme complet de 12 séances d’escrime artistique, adapté à un public scolaire débutant.
L’objectif final n’est pas la performance sportive, mais la création collective d’un combat chorégraphié, lisible, sécurisé et scénarisé, présenté devant un public.

Il est intéressant de noter que, lors de la première séance, la première consigne porte sur la sécurité et c’est bien normal : ON NE PREND JAMAIS D’ARME À LA MAIN TANT QUE TOUT LE MONDE N’A PAS UN MASQUE SUR LA TÊTE »

Laurent laisse alors libre cours aux élèves en leur permettant de combattre et de ferrailler.

Nous avions déjà proposé exactement la même chose dans un article précédent sur l’escrime , pour les mêmes raisons.

En effet, l’attrait du combat est si fort que vouloir le contrôler par des règles est inutile, car celles-ci ne seront de toute façon pas appliquées. Ensuite, petit à petit, et après chaque rotation et changement d’adversaire, les régulations des comportement déviants ou anormaux sont corrigés .

Cette stratégie pédagogique est simple peu contraignante pour l’enseignant et permet aux élèves d’évacuer leur imaginaire et leur représentation de l’activité.

La fatigue venant vite il est alors temps de construire le contenu : le salut et la position de garde

Dès la deuxième séance, nous observerons le concept pédagogique qui prévaudra tout au long du cycle.

En effet, Laurent demande aux élèves de trouver eux-mêmes le geste pour toucher leur partenaire sur la tête.

Ensuite, comme ils sont dans le domaine de l’escrime artistique, qui est un sport de coopération, ils doivent trouver comment le partenaire va « lire » que l’attaque va être portée à la tête. Chacun cherche sa propre solution, et le groupe qui a trouvé celle qui semble la meilleure, qui peut être une solution technique existante ou non, présente sa proposition.

Ensuite, l’étude porte sur les méthodes de défense de l’attaque à la tête.

Une fois qu’une idée proposée par un groupe a été acceptée, on la travaille et on la répète afin qu’elle soit acquise.

A chaque séance les « acquis sont revus et repetés ».

Dès la séance 4 des petits enchainement sont proposés.

C’est lors de la séance 9 que des binômes sont formés pour constituer un groupe stable et créer leur propre enchaînement. Chaque technique a été photographiée et imprimée sur une petite carte plastifiée. L’image doit être suffisamment éloquente et un texte nomme l’action.

De cette manière, les groupes d’élèves peuvent concevoir leur propre enchaînement en liant les cartes entre elles et en les testant régulièrement. L’enseignant régule en simplifiant ou en suggérant une meilleur cohérence entre attaque et défense.

Cette démarche s’inscrit pleinement dans les fondements théoriques de la pédagogie constructiviste et socio-constructiviste reconnus en sciences de l’éducation (Piaget – Vygotski). Le savoir est construit par l’élève puis nommé et validé par le groupe et l’enseignant.

Laurent n’impose pas « la bonne réponse », il isole les productions pertinentes des élèves et transforme une proposition d’un groupe en savoir commun.

Constuctivisme Socio-constructivisme
Jean Piaget – Lev Vygotski
Meirieu outil de formation

📚 À lire aussi :
👉 Le cycle complet d’enseignement de l’escrime artistique avec vidéos et situations pédagogiques

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